Mise a jour: 08/11/2017
   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
PRED 2013-2014 : Plan pour la Relance Durable du Mali
 

La Conférence « Ensemble pour le Renouveau du Mali » organisée avec le concours de la France et de l’Union Européenne a lieu dans un contexte particulier. Le Mali a été bouleversé par une crise politico-sécuritaire consécutive à l’occupation, à partir de Janvier 2012, des régions du Nord Mali par des groupes armés, et une crise politique et institutionnelle consécutive au coup d’Etat du 22 Mars 2012. Pour la première fois depuis l’indépendance, l’intégrité territoriale du Mali a été menacée, remettant en cause la capacité interne du Mali à faire face aux innombrables défis, en premier lieu la garantie de sécurité physique des biens et personnes.

 
Face à cette nouvelle donne politique, et à la suite d’une médiation conduite par la CEDEAO avec l’appui de la communauté internationale ayant permis le rétablissement de la constitution, un Gouvernement de Transition a été mis en place. La Feuille de route préparée par ce Gouvernement sert de soubassement aux demandes d’appui des amis et partenaires du Mali telles qu’exprimées dans le présent Plan pour la Relance Durable du Mali (PRED) qui est le document de base soumis à la conférence. (...)
 
La démarche menée s’appuie sur l’idée qu’il n’y aura pas de développement du Mali sans sécurité et pas de sécurité sans développement. Les autorités maliennes doivent à terme être en mesure d’assurer le maintien de la sécurité pour leur pays.
 
Dans la perspective de création des bases d’une économie résiliente, le Plan de Relance Durable comprend des éléments structurants qui étaient déjà inscrits dans le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la pauvreté (CSCRP) 2012-2017. Il s’agit :
 
(i) des programmes d’investissement en infrastructures dont l’insuffisance constitue un véritable goulot d’étranglement au développement économique. La crise de l’énergie affecte au quotidien le fonctionnement des services et des activités économiques, la perte de productivité qu’elle occasionne est incalculable. Il est difficile d’imaginer un afflux significatif d’investissements, y compris dans les secteurs où les opportunités immédiates d’exploiter la chaîne de valeur existent, telle que l’agriculture, l’agro-industrie, tant que la disponibilité d’une source d’énergie fiable ne sera pas assurée. S’agissant des infrastructures routières pour relier les zones de production aux zones de consommation tout en connectant les différentes régions du pays entre elles et avec les pays voisins, elles participent d’une logique économique et de l’impératif de créer une cohésion et un sentiment d’appartenance à la communauté nationale.
 
(ii) La crise a rendu encore plus patent le besoin d’améliorer la qualité des services de l’administration, que ce soit en éducation, en santé ou les autres services publics pour renforcer la confiance entre l’Etat et les citoyens. La problématique de la décentralisation doit être repensée dans ce contexte. Il conviendra toutefois de mettre en place les garde-fous nécessaires pour que les collectivités décentralisées qui ont encore moins de capacités que l’administration centrale, soient en mesure de rendre les services aux citoyens. Une réflexion sur les moyens d’asseoir la décentralisation sur des bases solides et la rendre moins vulnérable aux fluctuations dans le financement par l’Etat central devra être menée. Il convient d’ores et déjà de penser la décentralisation dans la perspective de l’autonomie croissante des collectivités locales vis-à-vis du financement de l’Etat que ce soit à partir de son budget propre ou du financement extérieur. L’attention portée aux modalités de transfert de cette aide est pertinente certes, mais elle ne devrait pas se faire au détriment de la viabilité à terme.
 
(iii)La sécurité alimentaire dans un pays dont 70% de la population réside en zone rurale reste une priorité. Le développement rural avec une agriculture dont la productivité est augmentée pour passer d’une économie de subsistance à une agriculture familiale commerciale, avec maîtrise des techniques agricoles, des circuits de commercialisation et de transformation fonctionnels est, avec le développement de l’agro-industrie, un des axes prioritaires du CSCRP 2012-2017. La crise de 2012 a mis en évidence l’importance de générer des surplus monétaires au niveau de la ferme familiale pour réduire la vulnérabilité.
 
(iv)La crise sécuritaire a donné un coup de frein brutal à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement en particulier en raison du déplacement massif des populations fuyant l’insécurité dans les zones du Nord Mali. La Feuille de route fait, comme il se doit, de l’accès aux services sociaux de base pour les populations déplacées et réfugiées, une priorité. Mais la crise a mis en évidence, par le débat qu’elle a suscité sur les multiples facettes de la crise et les problèmes importants à résoudre pour que le Mali ait la maîtrise de son destin, l’impératif d’une école de qualité. Le déficit de qualité affecte tous les niveaux du système éducatif. Relever le défi de la qualité de l’éducation est sans doute le plus grand défi que la société malienne devra confronter, l’éducation étant l’affaire de tous.

 

La crise a mis en évidence l’importance d’un débat public sur les grands enjeux de la nation. La léthargie intellectuelle du milieu universitaire dont les recherches auraient dû éclairer la société et alimenter un débat public riche et pluriel dont une presse indépendante et capable se serait faite l’écho pour éduquer le public et interpeller la classe politique est un des indicateurs du déficit de qualité (et de l’absence de masse critique) et de l’absence de capacités de veille. Ce débat et l’éducation du public qu’il véhicule sont des pré-requis pour l’émergence et l’enracinement d’une culture de la citoyenneté, des citoyens qui ont l’indépendance d’esprit et les repères pour juger de la qualité des programmes de développement. La démocratie suppose un électorat éduqué. 
 
Tels sont en substance les principaux éléments de la feuille de route et de son interface avec le CSCRP. Le présent document s’inscrit dans cette perspective. Il présente à la Communauté internationale à la fois les enjeux de très court terme et les bases d’un développement équilibré du territoire, avec douze thématiques à soutenir dès maintenant pour relever le Mali : la paix et la sécurité, les actions humanitaires, l’organisation des élections, la décentralisation, la justice, la réforme des finances publiques, l’appui au secteur privé et aux secteurs de l’économie, l’éducation, la santé, le Genre et la culture.

 

 

... pour plus d’informations, voir le document complet du PRED

 
 
 
 
 
 
   
 
 
   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 
   
 
   
         
 
 
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